80 suspects arrêtés pour fabrication et vente de faux vaccin anti-Covid

Les autorités chinoises ont fait savoir qu’elles avaient arrêté le 1er février 80 personnes suspectées d’avoir fabriqué et vendu près de 3000 doses de faux vaccins anti-Covid-19. Les suspects ont été arrêtés dans les provinces du Jiangxi, du Shandong et à Pékin. Selon l’agence de presse officielle Xinhua, la tête de la filiale serait un dénommé Kong, qui aurait fait remplir des fioles de solution saline avant de les vendre comme des vaccins anti-Covid-19 depuis septembre, à des prix – évidemment – très élevés. Les suspects risquent gros : selon la nouvelle loi sur les vaccins entrée en vigueur le 1er décembre 2019, le montant minimal de l’amende encouru pour les personnes fabriquant et vendant de faux médicaments s’établit à 7,5 millions CNY (980 000 EUR). Suite au scandale qui avait secoué cette industrie en Chine en 2017, la confiance des citoyens en les vaccins autochtones s’était considérablement érodée.

Accélération de la vaccination avant les vacances du nouvel an

Les autorités veulent tout faire pour contenir l’émergence de nouvelles filières de faux vaccins anti-Covid afin de ne pas miner la campagne de vaccination de masse en cours actuellement. 24 millions de doses ont déjà été administrées, dont 7,8 millions entre le 20 et le 26 janvier, et l’objectif affiché est de vacciner 50 millions de personnes avant le début des vacances du nouvel an le 12 février. A la suite de ces arrestations, la police a enjoint les citoyens chinois de passer par les canaux de vaccination officiels afin d’éviter les faux vaccins.

Parmi les personnes prioritaires pour se faire vacciner, les livreurs, les personnes travaillant dans le secteur de l’agro-alimentaire, les éducateurs et le personnel soignant. “Si je ne me fais pas vacciner, je ne peux pas travailler, c’est très simple“ explique un livreur de nourriture pékinois, ajoutant en guise de conclusion “personne ne refusera le vaccin”. Les lignes directrices semblent varier selon les municipalités et les provinces, les grandes villes ont toutes donné la priorité à des groupes spécifiques : personnel soignant, livreurs mais également contrôleurs douaniers et nettoyeurs. La municipalité de Pékin a mis en place les mesures les plus strictes avec pour objectif de vacciner tous les travailleurs considérés comme essentiels avant le 12 février.

Source : Global Times

Pas de plan officiel de vaccination, donc pas de risque d’échec du gouvernement

Les autorités centrales n’ont pour autant pas fait d’annonces concernant le déroulé de cette campagne au-delà des catégories de travailleurs déjà citées, ce qui laisse à penser que les plans initiaux ont pu être retardés, et que les autorités ne sont pas assez à l’aise avec la publication d’un plan ferme qui entraînerait une obligation de résultat. Selon les calculs des spécialistes, si le taux de vaccination augmente à un rythme constant tout au long de l’année 2021, environ 850 millions de doses pourraient être administrées. Évidemment cette hypothèse ne tient que si les Sinopharm et Sinovac atteignent leur cible de production d’ici à la fin de l’année et qu’ils produisent à pleine capacité.

La conclusion est qu’en Chine comme ailleurs on devra vivre avec le Covid-19 plus longtemps qu’initialement espéré. Ceci dit, l’impact d’un déroulement chahuté d’une campagne de vaccination d’une telle ampleur sera probablement moins sévère en Chine qu’ailleurs. Une campagne plus lente ne devrait ainsi affecter que très faiblement la trajectoire de croissance chinoise, puisque les tests à très grande échelle ainsi que les méthodes de confinement sévères et ciblées ont porté leurs fruits pour maîtriser les résurgences épidémiques.

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