La présence chinoise en Nouvelle-Calédonie est faible et l’intérêt diplomatique de Pékin pour l’archipel modéré    

Le 30 novembre, lors de la conférence de presse hebdomadaire du Ministère des affaires étrangères chinois, un journaliste de l’AFP a interrogé le porte-parole Zhao Lijiang sur la tenue très prochaine du référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie et sur l’influence de la Chine sur ce scrutin. Ce dernier a répondu par une formule phare de la diplomatie chinoise : “Le référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie est une affaire interne à la France. La Chine n’a aucun commentaire à faire là-dessus ».

L’intérêt stratégique de la Chine pour les archipels du Pacifique est pourtant indéniable et la Nouvelle-Calédonie ne fait pas exception. Son insertion dans l’arc mélanésien intéresse la Chine pour s’ouvrir sur le Pacifique et y projeter ses forces armées. Pourtant, dans les médias chinois et sur les réseaux sociaux, les discussions portant sur la Nouvelle-Calédonie sont très peu politiques et traitent essentiellement de la variation du prix du nickel. Le territoire est le cinquième producteur mondial de ce minerai et en exporte chaque année pour 900 millions d’euros vers la République populaire pour alimenter les usines de batteries électriques. Le nickel pourrait donc constituer une porte d’entrée de choix pour un investissement chinois dans l’archipel. En effet, contrairement à la Polynésie française, qui a accueilli au fil des ans des investissements chinois notamment dans l’hôtellerie et l’industrie perlière en s’appuyant sur les réseaux d’une diaspora chinoise ancienne et active, aucun investissement de grande envergure n’a été conclu par des Chinois sur le territoire. Une absence qui pourrait s’expliquer par ce manque de relais économiques issus de la diaspora. Des efforts pour construire des liens ont été faits, notamment via l’association d’amitié sino-calédonienne, regardée avec grande méfiance par nombre d’observateurs métropolitains, mais pour l’instant sans grand résultat.

Que craindre alors ? Une influence diplomatique en se rapprochant de chefs tribaux et de responsables politiques locaux ? Pékin peut parfois déployer une diplomatie active auprès de petits États pour engranger des appuis. Les Îles Salomon par exemple ont abandonné leur soutien à Taïwan en faveur de la République populaire en 2019, espérant des retombées économiques. Ce scénario semble en réalité peu probable en Nouvelle-Calédonie : le non vient de l’emporter lors du troisième référendum d’autodétermination prévu par les accords de Nouméa en 1998. Le territoire restera donc français à moyen terme et n’aura pas de diplomatie autonome. Or la politique étrangère chinoise est très souvent motivée par la recherche de soutiens dans les instances internationales, et fait donc la chasse aux voies en essayant de se rallier de petits États indépendants.

Malgré le “non” au référendum, la Chine pourrait renforcer sa position dans l’archipel via les exploitations de nickel

La Chine, qui est pour l’instant uniquement un acheteur de nickel, pourrait prendre le contrôle d’une partie de l’activité extractive. Fin 2020, le groupe brésilien Vale, qui exploite l’usine de nickel à Goro, dans le sud de l’île, annonce vouloir vendre cette dernière à un consortium majoritairement calédonien (50%). 25% reviendrait à une société multipartite, et le géant suisse du négoce de matières premières Trafigura y détiendrait les 25% restants. Mais le groupe Trafigura est soupçonné de vouloir, par cette manœuvre, s’approprier ces titres miniers pour ensuite les revendre à un acteur chinois du secteur. Par ailleurs, la Société Le Nickel (SLN), filiale du groupe minier et métallurgique français Eramet, exploite quant à elle l’usine de Doniambo, à Nouméa. Déficitaire depuis plusieurs années,elle a longtemps été menacée d’une reprise. Le plan de redressement actuel, lancé début 2020, semble cependant porter ses fruits avec une production en hausse, portée par la demande… chinoise ! Quant à la troisième usine, celle du nord, elle est non seulement criblée de dettes, mais la Chambre territoriale des comptes pointe également une gouvernance hasardeuse, une imbrication de sociétés écrans et des investissements douteux. De quoi ici aussi raviver le spectre d’une reprise par des investisseurs étrangers. 

Des investissements importants de la Chine en Nouvelle-Calédonie ne seraient pas sans conséquences politiques. A ce titre, il est intéressant de se pencher sur la politique de Pékin dans les Caraïbes : à La Barbade, son lobbying a donné des résultats très concrets. L’île a ainsi été l’un des premiers État caribéen anglophone à développer des relations avec la Chine et à ouvrir un bureau à Pékin afin de faciliter les investissements chinois. La Barbade s’est ensuite ralliée au projet des nouvelles routes de la soie chinoises, et la Chine a commencé à y investir pour le développement de ses forces armées. Finalement, début décembre, le petit État caribéen a décidé de ne plus reconnaître la reine Elisabeth II comme sa souveraine, après 400 ans de sujétion à la Couronne. En parvenant à décrocher La Barbade de l’orbite britannique, Pékin prouve que le pays est capable de transformer une influence économique en influence politique. La méthode, efficace, mérite d’être observée attentivement, dans le Pacifique comme ailleurs.

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