Selon une étude récente publiée par le China Africa Research Initiative (CARI) de la faculté de relations internationales de l’université américaine Johns Hopkins, les créanciers chinois ont procédé à un allègement de la dette pour un montant de près de 7,6 milliards USD en 2020, la majorité des fonds alloués à des pays africains.

La Chine s’inscrit dans une initiative multilatérale mais ne s’y cantonne pas

Les acteurs chinois ont utilisé trois canaux principaux pour procéder au transfert des fonds. Tout d’abord la Debt Service Suspension Initiative (DSSI) initiée par le G20, pour aider 37 pays pauvres à gérer la pandémie de Covid-19. Ensuite, le processus d’annulation de la dette au sein du Forum on China-Africa Cooperation (FOCAC). Enfin, des initiatives ad hoc d’allègement de la dette de la part de grandes banques commerciales : en plus de la China Development Bank (CDB) et de l’Industrial and Commercial Bank of China (ICBC), deux grands acteurs des investissements bilatéraux, la Export-Import Bank of China (Eximbank) et la China International Development Cooperation Agency (CIDCA) procèdent elles aussi à des allègements de dette.

Selon les informations récoltées par les chercheurs de l’Université Johns Hopkins, seuls trois pays africains ont rendu publics le détail de l’allègement de leur dette dans le cadre du DSSI : les Maldives (25 millions USD), la Zambie (110 millions USD) et le Kenya (378 millions USD). Le mécanisme du DSSI autorisait initialement certains Etats à différer les intérêts et le remboursement du principal de leur dette bilatérale officielle pour les huit derniers mois de l’année 2020, mais a été étendu pour 6 mois. 

Dans le cadre du programme FOCAC géré par la China International Development Cooperation Agency, les autorités chinoises ont fait savoir en janvier qu’elles ont annulé la dette à taux d’intérêt nul de 15 pays africains qui devaient arriver à échéance à la fin de 2020, soit une somme d’au moins 36,2 millions USD. Parmi les États concernés : le Botswana, le Rwanda et la République démocratique du Congo.

Les détails de la réduction de la dette de l’Angola, principal débiteur chinois, pose question

Source: CGTN

Parmi les pays qui ont massivement emprunté à la Chine, l’Angola est scrutée de près en tant que plus important débiteur. Le gouvernement angolais a fait savoir au début de l’année que la China Eximbank avait procédé à un allègement de sa dette dans le cadre du DSSI, sans donner le montant dont il était question. Si l’on en croit les chiffres donnés par les chercheurs de l’université Johns Hopkins, l’Angola serait récipiendaire de la plus grande partie de l’allègement de la dette promis par les créanciers chinois – soit au total environ 6,2 milliards USD, de la part de la China Development Bank et d’ICBC. Mais selon plusieurs spécialistes, les autorités angolaises ont continuellement contourné les détails clefs des conditions de remboursement, soulevant des doutes quant aux conditions de rééchelonnement de la dette en particulier avec ces deux derniers débiteurs.

L’Angola a reçu près d’un tiers de tous les prêts octroyés par la Chine aux États africains durant les 20 dernières années. Le montant de sa dette envers des créanciers chinois s’élève à plus de 20 milliards USD, y compris 14,5 milliards USD de la CDB et 5 milliards USD de l’Eximbank. 

Ces démêlés autour du remboursement de sa dette rappelle combien l’Angola est en situation de dépendance vis-à-vis de la Chine, pour ses prêts donc mais également pour exporter son pétrole. Ce secteur représente 30% du PIB du pays, 60% de ses recettes fiscales et 90% de ses exportations. Or, il semblerait que près de 75% de la dette contractée auprès de la Chine est justement adossée à la valeur de la ressource, rendant l’Angola particulièrement vulnérable.

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