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Aperçu des investissements chinois à l’étranger par région

Les chiffres utilisés pour ce graphique proviennent du China Investment Tracker réalisé par l’American Enterprise Institute.

Sur la période 2005-2019, on passe d’une écrasante domination des États-Unis comme pays d’accueil des investissements chinois, à une part très minoritaire de ceux-ci en 2019. Les années 2016-2017 confirment leur statut d’”anomalies” avec ce découpage par régions d’accueils des IDE, tandis que l’on note un forme de constance sur les années 2013-2014-2015-2018, avec une part toujours solide pour l’Europe et une part croissante pour l’Asie de l’est et l’Asie de l’ouest. 2019 marque bel et bien la fin d’une ère de grandes dépenses d’investissements et de construction à l’étranger pour aller vers un plus grand contrôle et une plus grande rationalisation de celles-ci. La Chine se replie également géographiquement, sur sa zone d’influence directe. Les tendance post-pandémies devront, elles, être confirmées sur plusieurs années à la suite de 2020.

États-Unis : chute brutale

La chute est spectaculaire : entre 2016, année de boulimie d’investissements, et 2019, année de repli conséquent, les IDE chinois aux États-Unis ont décru de plus de 90%. Même si l’on compare avec une période plus normale de 2013 à 2015, durant laquelle les investissements aux États-Unis oscillent entre 16,2 et 17,5 milliards USD, la chute reste brutale en 2019 (-74%). L’immobilier est le secteur dominant de ces investissement, suivi par les transports. Signe à la fois des fortes tensions commerciales qui ont cours entre les deux premières puissances économiques mondiales, et du repli de la Chine sur sa zone d’influence plus directe, cette tendance pourrait se maintenir voire s’accentuer encore dans les années à venir.

Europe : maitriser la décrue

Loin d’égaler la chute des IDE chinois aux États-Unis en 2019, ceux en direction de l’Europe connaissant néanmoins un recul de 43% entre 2018 et 2019, passant d’un total de 48 milliards à 27 milliards USD. Le chiffre record 2017, atteignant près de 101 milliards USD, est largement boursouflé par l’acquisition du groupe suisse Syngeta par le géant chinois ChemChina, pour 43 milliards USD, et qui reste la plus grosse acquisition réalisée par un groupe chinois à l’étranger à ce jour. Sur la période 2005-2019, les secteurs des transports et de l’énergie sont de très loin les premiers récipiendaires des investissements, suivi de loin par l’immobilier et les technologies. En 2019, les IDE chinois en Europe retrouvent leur niveau d’avant 2015, mais en proportion sur l’année 2019, la région est la 3e zone d’accueil des IDE chinois, juste après l’Asie (est et ouest).

Afrique subsaharienne : priorité aux matières premières

Entre 2005 et 2019, le montant des investissements chinois en Afrique a considérablement varié, avec un léger recul en 2009-2010 et une prépondérance notable sur le reste du monde entre 2011 et 2013. L’Afrique de l’ouest est la destination préférée des investisseurs chinois sur le continent, suivi par l’Afrique centrale. Le record est atteint en 2013 avec 30,230 milliards USD investis sur la zone. Entre 2018 et 2019, la part des investissements dans la région apparaît comme peu affectée par la baisse globale et très nette des IDE chinois au niveau mondial, passant de 25,94 milliards USD en 2018 à 20,96 milliards USD en 2019 (-20%). Les secteurs d’investissement largement prioritaires restent sans grande surprise les matières premières : pétrole, gaz et minerais. Les deux premiers investissements dans le domaine des télécommunications ont eu lieu en 2018 et 2019.

Moyen-Orient Afrique du Nord (MENA) : sécuriser le pétrole

Dans la région MENA aussi, les investissements varient considérablement d’une année sur l’autre sur la période. Le record est atteint en 2018 avec un total de 26,620 milliards USD, en 2019 les investissement redescendent à 17,340 milliards USD, un chiffre en moyenne supérieur à toute la période. Si l’énergie est le secteur qui domine très largement, suivi par l’immobilier et les transports, on note un premier investissement dans les télécommunications effectué en 2018 aux Émirats arabes unis. La région constitue en effet un bon réservoir potentiel d’utilisateurs de smartphones et d’internet, ce secteur pourrait ainsi croître en importance côté investissements et infrastructures dans les prochaines années.

Asie : repli confirmé de la Chine sur sa zone d’influence directe

L’Asie (chiffres combinés Asie de l’est et l’Asie de l’ouest, région allant de l’Iran au Japon, Russie comprise) reste depuis 2012 la région accueillant le plus d’IDE chinois. Cette tendance qui se confirme très nettement en 2019, malgré le recul massif du total des IDE chinois, puisque cette grande région est la seule qui connaît une croissance des IDE entre 2018 et 2019. Ils passent de 54,390 à 62,670 milliards USD (+15%). Les chiffres confirment une forme de repli sur la région géographiquement la plus proche de la Chine. Quasiment inexistants tout au long de la période, les investissements dans les matières premières et les minerais connaissent une nette croissance en 2019.

Évolution des investissements chinois par région depuis 2005