Sélectionner une page

Pour obtenir la liste des fournisseur de matériel de protection anti covid approuvés par les autorités chinoises, vous pouvez utiliser notre moteur de recherche en libre accès.

Une commande en Chine de matériel médical qui se révèle inefficace

Face à la croissance très rapide des cas de Covid-19 en Espagne, le ministre de la santé commande à la fin du mois de mars près de 340 000 kits de tests de dépistage à une entreprise chinoise. Des doutes émergent quant à la fiabilité de ces tests alors que le nombre de cas confirmés de patients atteints du Covid-19 a vu son nombre croitre considérablement entre mercredi 25 et jeudi 26 mars dans le pays. En date du jeudi 26, on dénombrait plus de 56 000 cas et plus de 4 000 morts. Tentant de faire front contre la propagation à grande vitesse de l’épidémie sur son sol, l’Espagne s’est tournée vers la Chine pour des équipements médicaux dont le pays manque, annonçant que 432 millions d’euros allaient être dépensés dans l’achat de tests de dépistage, de gants, de masques et autres équipements de protection.

Des produits non approuvés par les autorités sanitaires chinoises…

La Société Espagnole des maladies Infectieuses et de Microbiologie Clinique (SEIMC), l’un des principaux instituts de recherche espagnols, a affirmé dans un communiqué publié sur son site internet que les frottis nasaux développés par l’entreprise Shenzhen Bioeasy Biotechnology Co., Ltd. (深圳市易瑞生物技术股份有限公司) avaient un taux d’exactitude d’environ 30%, et non de 80% comme affirmé par le ministre de la santé espagnol un peu plus tôt dans la semaine.

A la suite de cette annonce, le gouvernement espagnol a retiré de la circulation les 58 000 kits de test produits par Bioeasy, et le ministre de la santé a demandé à l’entreprise de les remplacer par d’autres kits plus efficaces. Zhu Hai, CEO de l’entreprise chinoise, n’a pas souhaité commenter, expliquant simplement ne pas être « très au clair avec la situation » et attendre « des rapports venant d’Espagne ». Le jeudi 26 mars, toujours, l’ambassade de Chine en Espagne a expliqué dans un message publié sur Twitter que les kits de test n’avaient pas été approuvés par la China National Medical Products Administration (国家药品监督管理局) et ne faisaient pas partie des fournitures médicales envoyées par le gouvernement chinois en Espagne. Le vendredi 27 mars, l’entreprise Bioeasy annonce qu’elle remplacera certains des kits de test exportés en Espagne.

Source : Paris-Normandie

Selon son site internet, Bioeasy est une entreprise spécialisée dans la sécurité alimentaire et les tests médicaux, et promeut depuis un mois ses tests Covid-19. Le 19 février, le Baoan Daily (宝安日报), un quotidien de Shenzhen, rapporte que Bioeasy a développé des kits de tests du nouveau coronavirus qui peuvent fournir des résultats en 15 minutes. Cependant, les kits mentionnés dans l’article utilisent des échantillons de sang recueillis dans la pulpe des doigts, au lieu des prélèvements nasaux des kits vendus à l’Espagne. Bioeasy affirme, dans ce même article, que les tests sanguins avaient un taux d’exactitude de 83% pour des résultats positifs et 92% pour des résultats négatifs.

… néanmoins exportés dans plus de 10 pays et approuvés par l’UE

L’entreprise a également fait savoir qu’elle avait exporté plus de 420 000 kits de tests dans plus de 10 pays, notamment en Italie, au Qatar, en Ukraine, et 337 000 en Corée du Sud. 5 millions de tests sont actuellement en cours de production.

Lundi 23 mars, un officiel des services de santé tchèques, basé dans la région Moravie-Silésie, affirmait que 80% des résultats donnés par des kits de tests rapides chinois étaient défectueux. Le nom de l’entreprise productrice n’a pour l’instant pas été révélée.

De nombreuses entreprises n’ont pas d’autorisation de la FDA chinoise

Tandis que le taux de contagion est en recul en Chine – selon les chiffres officiels – alors qu’il est en croissance dans la plupart des autres pays du monde, les entreprises chinoises redoublent d’efforts pour exporter leurs kits de tests face à une demande intérieure qui se tarie. Ce sont ainsi plus de 100 entreprises chinoises qui exportent leurs tests de dépistage à l’étranger, malgré le fait que la plupart d’entre elles n’ont pas reçu l’autorisation des autorités sanitaires chinois pour vendre leurs produits en Chine…

M. Zhang, responsable de l’entreprise Nanjing Liming Bio-products Co., Ltd. (南京黎明生物制品有限公司) explique au quotidien hongkongais South China Morning Post : « Je n’ai pas envisagé de présenter un dossier d’autorisation pour la Chine, la demande prend beaucoup trop de temps. Le temps de recevoir l’autorisation, l’épidémie aurait probablement déjà été terminée ici ». En février, l’entreprise a déposé un dossier d’autorisation de vente de 4 dispositifs de tests auprès de l’Union européenne, et a reçu l’accréditation officielle CE en mars, signifiant que les produits répondent aux standards sanitaires, sécuritaires et environnementaux mis en place par les décideurs européens. Liming Bio-products a désormais des commandes en provenance d’Italie, d’Espagne, d’Autriche, de Hongrie, de France, d’Iran, d’Arabie Saoudite, du japon et de Corée du Sud. « Les commandes sont si nombreuses que nous travaillons jusqu’à 21h 7 jours / 7, et nous envisageons de passer à un rythme de 24h/24, avec un système de trois-huit », poursuit M. Zhang.

De la même manière, Bioeasy avait de a même reçu une autorisation de vente de l’UE le 12 mars. Depuis le mois de février, 102 entreprises chinoises se sont vues autoriser l’accès au marché européen, mais les péripéties de l’Espagne avec Bioeasy prouvent qu’une autorisation délivrée ne urgence par l’UE ne garantie pas l’efficacité des produits.

La pénurie chronique de dispositifs de tests dans de nombreux pays du monde a engendré une situation de non-test : plutôt des diagnostics menés à grande échelle, il est demandé aux porteurs potentiels du virus à « bas risque » de rester chez eux. La présence de tests de dépistage chinois en Europe et ailleurs dans le monde rend aussi plus brûlante que jamais la question de la dépendance de nombreux pays aux produits médicaux venant de Chine.

Un point sur Bioeasy

Bioeasy est une entreprise basée à Shenzhen, établie en juillet 2007. Elle est détenue par 8 principaux actionnaires : 3 personnes morales et 5 personnes physiques. L’actionnaire majoritaire est l’entreprise Shenzhen Yirui Holding Co., Ltd. (深圳市易瑞控股有限公司), détenant 48.1 % des parts. Zhu Hai (朱海), représentant légal, CEO et Président du conseil d’administration, détient lui 20% de l’entreprise. La holding est elle détenue par trois personnes physiques : Zhu Hai (49,5%), Wang Jinyu (49,5%) et Xie Zhituan (1%).

Il apparait que Zhu Hai est également actionnaire ou dirigeant de plusieurs autres entreprises chinoises actives dans le domaine des biotechnologies: Shanghai Tuoao Biotechnology, Zhuhai Yirui Biomedical Testing Technology, Shenzhen Paide Biomedical Engineering, Shenzhen Zhongke Sairui Technology, Shenzhen Herui Forensic Technology, Shenzhen Jianyi Medical Testing Center, Shenzhen Huikangrui Biomedical Technology Service.

L’analyse des brevets déposés par Bioeasy montre que l’entreprise innove principalement dans les dispositifs de détection salivaire de drogues.